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L'OCDE estime que le Canada doit dépenser davantage en aide étrangère

L'OCDE estime que le Canada doit dépenser davantage en aide étrangère La Presse Canadienne - Archives

OTTAWA - Un important rapport international conclut que l'accent mis par le gouvernement Trudeau sur le «retour» du Canada sur la scène mondiale doit être accompagné par une augmentation des dépenses en aide étrangère.

L'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), établie à Paris, est arrivée à cette conclusion dans un rapport publié vendredi par son Comité d'aide au développement (CAD).

Le rapport fait partie de l'examen quinquennal rotatif de l'OCDE sur les pays membres et ses conclusions jettent de l'ombre sur les tentatives du gouvernement d'obtenir un siège temporaire au Conseil de sécurité des Nations Unies dans les années à venir.

Le premier ministre Justin Trudeau et la ministre des Affaires étrangères Chrystia Freeland sont tous deux attendus à l'assemblée générale de l'ONU qui aura lieu plus tard ce mois-ci, où ils poursuivront la campagne pour obtenir pour deux ans le siège temporaire, à compter de 2021.

Les représentants du gouvernement disent que le Canada y fera la promotion de partenariats public-privé pour financer l'aide étrangère.

L'OCDE estime que le Canada mérite d'être reconnu pour son engagement renouvelé sur la scène mondiale, y compris son plaidoyer en faveur des droits des femmes et des filles dans les pays en développement, mais qu'il doit dépenser davantage pour le développement à l'étranger.

Le rapport indique que les dépenses d'aide étrangère du Canada ont diminué en 2017, passant de 0,31 pour cent du revenu national brut en 2012 à 0,26 pour cent, ce qui est bien en deçà de l'objectif de 0,7 pour cent fixé par l'ONU. La moyenne pour les pays membres du CAD était de 0,32 pour cent.

Selon le rapport, les récentes dépenses du gouvernement de 2 milliards $ sur cinq ans en aide étrangère ne suffisent pas à rétablir les dépenses au niveau de 2012 — la dernière année où l'OCDE a examiné le budget d'aide du Canada, le jugeant insuffisant.

Charlotte Petri Gornitzka, présidente du CAD, a déclaré que le Canada est devenu un «acteur central» en soutenant les objectifs de développement durable des Nations unies, qui visent à éliminer la pauvreté, la faim, le déséquilibre entre les sexes et les inégalités.

«Il importe que soit maintenant définie une trajectoire d'accroissement du volume de son aide, afin de donner encore plus de poids aux efforts de sensibilisation qu'il déploie au niveau mondial», a-t-elle ajouté dans une déclaration accompagnant le rapport de vendredi.

Les dépenses d'aide du Canada ont diminué «malgré une croissance économique vigoureuse», a déclaré vendredi le CAD dans un communiqué.

Le gouvernement Trudeau a rétorqué qu'il n'avait pas l'intention d'atteindre l'objectif de 0,7 pour cent fixé par l'ONU, une référence établie dans les années 1960 par une commission internationale dirigée par l'ancien premier ministre libéral du Canada, Lester B. Pearson.

Justin Trudeau et la ministre du Développement international, Marie-Claude Bibeau, ont indiqué que le fait d'atteindre cet objectif coûterait tout simplement trop cher.

«Nous avons mis de l'avant une nouvelle politique féministe progressiste, et notre approche est reconnue dans le rapport de l'OCDE pour placer l'égalité des sexes au cœur de notre lutte pour éradiquer la pauvreté», a évoqué la ministre Bibeau à La Presse canadienne.

Elle a également rappelé le leadership du Canada lors du sommet du G7 tenu en juin au Québec, où le gouvernement a pu recueillir plus de 3,8 milliards $ pour aider à scolariser les jeunes filles les plus pauvres du monde.

«Notre leadership en matière d'égalité des sexes et d'éducation des filles fait déjà la différence pour des millions de jeunes femmes», a ajouté Mme Bibeau.

Le gouvernement compte également sur la collecte de plus de fonds du secteur privé pour financer des projets de développement. Il a récemment créé une institution de financement du développement appelée FinDev Canada, filiale d’Exportation et développement Canada.

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